Sur nous serons toujours jeunes & beaux

(c) Catherine Cabrol
(c) Catherine Cabrol

 Dans votre livre, Nous serons toujours jeunes et beaux, vous avez réalisé une véritable enquête sur l’antivieillissement. Qu’est-ce qui vous a amenée dans cette aventure ?
Maryse Wolinski : Je travaillais sur la nutrition. Au départ, je suis journaliste et romancière. J’écrivais des romans et j’en étais à un moment de ma vie où j’étais végétarienne sans savoir ce que c’était que de l’être.
En conséquence de quoi, j’étais en carence et me désocialisais. Ce qui n’est pas pratique dans la vie parisienne. Je me suis alors posé des questions sur la nutrition à laquelle je ne m’étais absolument jamais intéressée.
En faisant une enquête auprès des nutritionnistes pour savoir chez qui j’allais aboutir – j’avais publié un livre qui s’appelait Si tu veux maigrir, mange –, j’ai rencontré des médecins qui, par le biais de la nutrition, travaillaient sur le vieillissement. C’est comme cela que j’ai découvert la longévité. Cela m’a paru extrêmement intéressant ; ces médecins m’ont dit : « Nous sommes en train d’avancer et de gagner sur le processus de la vieillesse.

Mais vous ne vous êtes pas contentée d’observer. Dans votre livre, vous écrivez : « Il est temps de prendre les commandes du poste de pilotage »
Oui, parce que sinon, on va dans le mur. Cela va très vite, en fait. On s’aperçoit qu’il y a de plus en plus de gens de 90 ans. J’ai fêté dimanche les 90 ans de ma mère qui est vraiment tout à fait en forme. Et il y a de plus en plus de centenaires…
J’estime que bien vieillir, c’est un acte citoyen. Si c’est pour avoir 90, 95 ou 100 ans et peser sur ses proches et sur la société, c’est inutile. J’aime mieux mourir à 70 ans !

C’est un peu radical
C’est peut-être un peu radical mais c’est pour obliger les gens à se prendre en charge. Il faut qu’il y ait une prise de conscience. Mais pour qu’il y ait une prise de conscience, il faut souvent aller loin.

Vous écrivez aussi : « la longévité, ça se désire et ça se gagne », vous vous êtes donc lancée avec volonté dans cette quête ?
Absolument. Ça se désire, parce que tout le monde n’a pas le goût de la vie, et ça se gagne, parce que ce n’est pas miraculeux mais demande beaucoup d’efforts.

Vous avez donc testé vous-même un certain nombre de choses
J’ai testé et je continue. Je suis traitée à l’Institut européen du vieillissement du Dr Christophe de Jaeger. Je suis ce traitement et en suis très contente. Et je vais bien voir jusqu’où je vais aller, sauf accident de parcours (accident de voiture ou autres). C’est très intéressant d’en faire l’expérience.

De quelle façon cela s’est-il passé ?

 


On pourrait répondre, de façon très rapide : cela commence par la nutrition et l’exercice physique. Comme cela, on ne choque personne.
Effectivement, si on se met à suivre un traitement d’hormonothérapie et de complémentation alimentaire et que, parallèlement, on fume, on boit, on est en plein dans la « malbouffe » et que l’on est sédentaire, cela ne sert pas à grand-chose. C’est pour cela que j’aime bien commencer par la nutrition et l’exercice, parce que cela, c’est simple.

Mais bien vieillir, c’est une véritable éducation qui devrait se transmettre de génération en génération. Il faudrait d’ailleurs commencer assez tôt.
Tout traitement de prévention de l’âge est un traitement individualisé. C’est excessivement important et il faut vraiment mettre l’accent là-dessus. Je n’aurai pas, par exemple, les mêmes carences que vous, même si nous avons le même âge. Chacun a ses propres carences et ce sont vraiment des traitements très individualisés. On ne peut pas dire, comme cela : « Tu es fatigué, prends du magnésium. »
Avant de passer à une complémentation nutritionnelle, il faut savoir où on en est et faire des bilans. Mais quels bilans ? Est-ce le bilan simple que nous permet la Sécurité sociale tous les cinq ans ? C’est déjà pas mal de le faire, cela permet de savoir où on en est, si on a du cholestérol ou pas, du diabète ou pas, le diabète est vraiment en augmentation dans la population et est particulièrement dangereux à cause de tous ses effets sur les yeux, sur la sexualité… Mais le traitement, c’est aussi de faire des bilans pour connaître son âge physiologique.
Le bilan physiologique, finalement, c’est un petit peu comme un contrôle technique. On est obligé de faire le contrôle technique de sa voiture et les gens n’ont aucun argument contre. Mais ce qui est assez incroyable, c’est que quand on leur parle du contrôle technique de leur propre biologie, de leur propre organisme, ils se posent des questions et n’ont pas très envie de le faire. Soit ils ne s’y intéressent pas et ils ont tort, soit c’est parce qu’ils disent que cela va leur coûter cher.
Ensuite, à partir des carences, voire des déficiences, il faut, avec une complémentation, remonter ses taux de vitamines, d’oligo-éléments, de neuromédiateurs et, ensuite, l’hormonothérapie. À commencer par le traitement hormonal substitutif, féminin comme masculin. C’est tout cela qu’il faut mettre en place. Ce n’est jamais miraculeux. Certaines personnes disent : « C’est compliqué. » Non, cela n’a rien de compliqué. Bien vieillir, c’est un choix. À partir du moment où on a fait ce choix, cela passe par ces étapes.

Vous avez écrit : « La forme psychique est de retour, sauvée par les hormones. » Vous vous êtes vraiment sentie sauvée par la prise d’un traitement substitutif ?
Eh bien, oui. Cela correspond bien à ce que j’ai vécu mais aussi à ce qu’ont pu vivre les gens que j’ai interviewés. C’est aussi ce que disent les médecins et les chercheurs que j’ai rencontrés. Cela correspond à une réalité. À partir du moment où on a un meilleur équilibre et lorsque l’on fait le « contrôle technique » de sa biologie, on sait aussi où on en est de sa mélatonine, de sa DHEA et des hormones thyroïdiennes. On n’y pense jamais, à ces dernières. Les gens se plaignent tout le temps de fatigue et, souvent, cela vient d’une thyroïde qui est soit trop basse, soit trop forte, avec les problèmes d’hypertension et autres que cela peut déclencher. Tout cela est très lié.
Quand vous vivez dans un véritable équilibre hormonal, alors là vous êtes en plein zen. C’est ce que j’ai ressenti. La vie fait que vous traversez des périodes de chagrin, parce qu’il y a eu des décès autour de vous, ou des périodes de déception, la vie reste la vie, sauf qu’il y a une prise en charge différente et que vous la positivez.

Vous êtes aussi allée à la découverte des suppléments nutritionnels

Avant tout, il faut faire très attention à ce qu’il y a à l’intérieur des suppléments nutritionnels ou des hormones. On ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Le professeur Baulieu avait tenté l’expérience. Il avait acheté des produits sur le net, de la DHEA, de la mélatonine… Certains contenaient les concentrations annoncées, mais ce n’était pas le cas de tous, loin de là. Il faut toujours faire attention à ce que l’on achète et avoir de bons produits. Même lorsque l’on achète simplement de la vitamine C. Certaines sont vraiment très bien dosées, d’autres non. J’apprends tout cela avec Christophe de Jaeger et avec d’autres personnes. Enfin, j’arrête un peu mes recherches dans ce domaine, je mets en application. J’ai repris ma vie de romancière et suis en train d’achever un roman pour en commencer un autre. Mais, pour moi, c’est extrêmement important dans ma vie, de bien vieillir. D’abord parce qu’effectivement je trouve que j’ai une énergie supérieure à celle des amies que j’ai autour de moi et qui ne font pas ce que je fais ou qui n’ont pas de THS, qui ne font pas d’activité physique…

La volonté est importante dans cette prise en charge
Sans volonté, il n’y a pas de prise en charge de l’âge. Il faut avoir la volonté de se dire, puisque je sais que je vais vivre dix ans de plus que ma mère : « Je vais commencer par me prendre en charge. » Parce que si je vis ces dix ans dans de mauvaises conditions, à quoi bon, à quoi cela va-t-il me servir ?

Vous êtes partie pour être centenaire
On va voir. Ma mère vient de fêter ses 90 ans. Je fais le raisonnement suivant : elle a vécu deux guerres, elle s’est nourrie moyennement parce qu’à l’époque on ne savait pas trop comment il fallait se nourrir, elle a eu quatre enfants, elle n’a pas travaillé, c’est important. Elle a tout le temps été intégrée parce qu’elle a fait beaucoup de choses dans sa vie, mais de façon bénévole. Je me dis : « Je peux peut-être gagner des années sur elle. » Mais attendez, elle a encore des années à vivre devant elle !

Votre livre est écrit comme un roman bien qu’il apporte de précieuses informations.


D’où son succès. J’ai reçu des lettres de tous les coins de France après sa parution chez Albin Michel. C’est incroyable ! D’hommes et de femmes. Ce n’est pas une lecture féminine, ce n’est pas non plus une démarche féminine. J’espère qu’il va avoir le même succès en Poche parce que j’étais vraiment très contente des lettres que j’ai reçues. Tout d’un coup, je donnais l’espoir. Que les gens se disent : « Oh ! la, la… un surcroît de vie, mais dans quel état je vais être ? » Donc, si vous leur dites : « Oui, mais si vous vous prenez en charge, vous avez la possibilité d’être beaucoup moins mal que nos parents ou nos grands-parents. Donc de faire un maximum de choses, à commencer par l’essentiel : la nutrition et l’exercice physique », c’est déjà pas mal, mais cela ne suffit pas.

Vous dites « mieux que nos aïeux », mais vous remontez à l’Antiquité pour y trouver des exemples de personnes qui ont vécu jusqu’à un âge fort avancé.
Oui, nous avons certains philosophes. Dans un autre de mes livres, L’Ivresse de vivre, j’ai écrit un paragraphe sur comment s’aider avec la philosophie. C’était des personnes exceptionnelles et là, aujourd’hui, on a envie de généraliser à l’ensemble d’une population et de personnes d’un même âge. Mais tout cela ne peut fonctionner que si l’on change notre regard sur l’âge.
Car le problème est que nous vivons dans une société de communautarisme par l’âge. Je trouve qu’il faut qu’on change, il ne faut plus que l’on pose un regard négatif sur l’âge, il ne faut plus qu’il y ait un déni de la vieillesse, et il ne faut plus qu’il y ait un déni de la prévention.
C’est une nouvelle médecine qui est en train de se mettre en place. Encore faut-il qu’elle soit acceptée par les mandarins et les tenants de notre médecine française. C’est cela qui est important.

Mais, savent-ils seulement écrire le mot prévention ?
Justement, c’est bien cela, le problème. On commence seulement à parler de prévention au cours du cursus universitaire. Et la prévention, c’est intervenir avant la maladie. C’est quand même extrêmement important, pour la personne qui ne sera pas malade, c’est important aussi pour le coût de la Sécurité sociale. À mon avis, cela devrait venir en premier.
Il faut une totale redéfinition de la vieillesse. Et puis j’aime bien reprendre cette phrase de Balzac : « J’appartiens à un parti d’opposition qui s’appelle la vie. » Je dois dire que tout commence par là. Il faut aussi aller dans le sens de l’histoire et du progrès de la science. À partir du moment où l’accroissement se fait d’un an tous les cinq ans, que l’on sait qu’en 2015 il y aura plus de gens de 60 ans que de jeunes de 20 ans, je crois que seule la prévention peut nous permettre de faire face à ce fait de société.

 

Entretien réaliséen janvier 2006 pour le site Nutranews