Maryse Wolinski - Ecrivain

Par Payot Marianne, publié le 24/04/2003

 

« Avec Georges, mon mari, nous avons toujours habité le VIe. Voilà trente ans que nous évoluons dans le triangle Bonaparte-Buci-rue de l'Abbaye et nous aurions du mal à changer de quartier. On peut tout faire à pied d'ici, aller au Luxembourg, au cinéma, traverser la Seine... Sauf acheter des primeurs. Là, c'est catastrophique. Les petits commerces disparaissent les uns après les autres et le marché de Buci est devenu très médiocre. Pour trouver de bons fruits et légumes, il faut aller de l'autre côté du boulevard Saint-Germain. Même constat pour les galeries d'art et les librairies, qui faisaient la richesse de ce quartier. Elles sont peu à peu remplacées par des boutiques de fringues et de luxe, les Vuitton, Dior... Dior à la place de la librairie Le Divan, avec son fonds inégalable! C'est insupportable! Ses vitrines sont d'une laideur! D'ailleurs, il n'y a jamais personne. Le seul qui n'ait pas réussi à s'implanter, c'est Hermès. Ils n'ont pas eu La Hune! Mais son ombre ne cesse de planer. A chaque reprise de bail, on reparle de lui. Alors, nous sommes vigilants. Ce quartier ne doit pas se transformer en un Faubourg-Saint-Honoré bis.»