Olivier Bétourné

Dans les archives du blog, je retrouve un article publié à la fin de l’année 2007 intitulé :Les tribulations d’un titre.

Dans cet article, je racontais comment j’avais été contrainte par la direction de ma maison d’éditions d’oublier le titre qui m’avait portée pendant toute l’écriture de mon roman, puis d’en accepter un autre, certes que j’avais proposé, mais qui avait été décidé en réunion commerciale sans que j’en sois informée. Cela se passait aux éditions Albin Michel.

 

Après les tribulations d’un titre, il y eut les tribulations d’une illustration de couverture. Depuis quelque seize ans que je publiais chez cet éditeur, j’étais habituée aux conflits qui résultaient de la recherche de l’illustration. Je m’opposais toujours pour au final, laisser faire et ensuite assumer (difficilement).


En décembre 2007, j’ai craqué.

Après le titre et l’illustration de couverture, il y eut les tribulations d’un livre.

 

Imprimé et préparé pour être publié aux éditions Albin Michel, mon roman, La Mère qui voulait être femme, sera édité aux éditions du Seuil. Un transfert assez insolite dont je dois la réussite à deux hommes, deux éditeurs : Olivier Bétourné, alors directeur général des éditions Albin Michel, un ami de longue date, et Denis Jeambar, PDG des éditions du Seuil. En une semaine, nous avions réglé et le transfert, grâce à la vigilance d’Olivier, et l’illustration de couverture, grâce à la volonté et la promptitude de Denis et de ses collaborateurs.

J’avais croisé Denis Jeambar comme patron de presse, je le retrouvais comme éditeur. Nous avions la même formation, j’étais sûre avec lui de faire un pas de plus dans ma carrière d’auteur.

Deux ans ont passé. Le Seuil est devenu « ma » maison d’éditions. J’y suis bien. La collection Points (poche Seuil) publie mes deux premiers romans, édités au début des années 90, sous l’égide de l’inoubliable Françoise Vernis, aux éditions Flammarion : Le maître d’Amour et Au Diable Vauvert.

Entre temps, J’ai proposé à Denis un prochain roman qui devrait être publié en 2010 et j’ai gardé comme premier lecteur, Olivier Bétourné. Un lecteur hors pair.

Ces derniers mois, quelques péripéties ont agité Le Seuil, la presse en a largement rendu compte. La démission du jeune directeur général, Thierry Pech, m’a étonnée et déçue. Nous avions eu un très bon contact.

Enfin, le 8 décembre dernier, Denis Jeambar, appelé à d’autres fonctions, Hervé de La Martinière, président, nommait Olivier Bétourné, PGD du Seuil.

J’étais triste et gaie à la fois. Triste de perdre Denis, gaie de retrouver Olivier.

 

J’avoue que souvent j’avais espéré le retour d’Olivier aux éditions du Seuil, pour ses qualités rares de lecteur et d’éditeur. Il connaît tous les rouages du métier et les apprécie tous : le contact avec les auteurs, calculer les chiffres de vente, (imbattable !), travailler sur les manuscrits (il y passe ses dimanches), les défendre, en faire la promotion. Toujours avec talent, courtoisie et humour. Il a bâti sa réputation sur les sciences humaines, il est aussi un vrai lecteur de fictions.

Pour Olivier, c’est un retour à la maison mère, celle qui l’accueillit en 1977, tout jeune diplômé de Sciences-Po, et dans laquelle, durant dix sept années, il occupera les postes de directeur de collection, secrétaire général et conseiller éditorial.

Aujourd’hui réalise-t-il un rêve ?

Olivier est un homme pudique, discret. Nous ne le saurons pas.

 

Maryse Wolinski