Michèle Gazier

Avant d’être critique littéraire et écrivain, Michèle Gazier est une amie de vingt ans. Un soir, sortant d’une réunion au cours de laquelle Betty Friedam avait présenté son dernier opus, j’avais dit à Michèle que je venais de rencontrer : « Tu as une flamme dans les yeux qui me révèle qu’un jour tu ne feras pas qu’écrire des critiques sur les livres des autres. »
Après sept romans et quelques nouvelles, elle vient de publier : Un Soupçon d’indigo. (Editions du Seuil)

1/ Quel a été le déclic pour l’écriture de ce roman ?
Michèle Gazier :
 
Une phrase prononcée par je ne sais qui un jour que je m’inquiétais car nous avions laissé la voiture ouverte sur le parking de Grand Bourg, à Marie-Galante.

2/ Dans tes romans, tu es toujours au plus près de l’histoire familiale, dans celui-ci, quelle part pour l’histoire familiale et pour la fiction ?
Michèle Gazier : 
je pense que je serai toujours obsédée par la mort violente de mon grand père dont le corps repose dans le fond d’un barrage. Je crois que les problèmes de dépression de ma mère à qui l’on n’a jamais rien dit, continuent à m’obséder. Alors, j’ai reformé une famille dont le grand-père disparaît. Mais c’est plus pour me dire que je n’oublie pas que pour ajouter un élément à l’histoire.

3/ Marie-Galante, est-ce pour toi, comme pour moi, le personnage principal de ce roman ?
Michèle Gazier :
 oui, Marie-Galante est le centre de cette histoire. Je crois que j’avais envie d’écrire sur une île, ronde environ de 15kms de diamètre où le temps semble suspendu, où l’histoire affleure sans cesse. Les îles sont des terres à part. A la fois ouvertes sur tous les horizons, tous les rêves, et fermées, bouclées sur elles-mêmes.

4/ Sur quoi travailles-tu aujourd’hui ?
Michèle Gazier :
 je travaille sur l’œuvre d’une potière, peintre sur poterie exactement, morte à l’âge de 46 ans. Une amie qui était aussi celle de cette potière et le mari de cette dernière m’ont demandé de les aider à concevoir un livre sur elle et son œuvre. Désir de laisser une trace de cette vie créative si brève. J’ai accepté. Et j’essaye d’écrire au plus près de ces femmes qui dansent sur des poteries rondes comme des globes terrestres. J’aime écrire à l’ombre d’une autre création : peinture, sculpture, dessin…