Un après-midi à l’EABJM, école bilingue de la rue du Théâtre à Paris, dans le XVéme.

Invitée à la fête littéraire de l’EABJM, fête littéraire qui a lieu tous les ans durant une semaine, je devais intervenir dans une classe de seconde.

Le professeur de français, Laure-Diane Loquet m’a accueillie, puis nous avons traversé la cour pour nous rendre au CDI où avait lieu la rencontre. Une banderole orange sur laquelle était écrit : Fête Littéraire, décorait le fronton de la porte.

Le CDI est une vaste salle qui ouvre sur la bibliothèque, au delà de laquelle quelques tables accueillent en temps normal les lecteurs.

Ce jour là, la classe de seconde, composée de 25 élèves entre 15 et 16 ans, m’attendait. Quand nous sommes entrées avec leur professeur, j’ai entendu : « La voilà ! » Et les 25 élèves se sont levés. J’étais beaucoup plus impressionnée qu’eux.

 

Laure-Diane Loquet avait préparé ma visite, suggérant aux élèves de travailler au dernier trimestre sur mon premier roman : Au Diable Vauvert.

J’ai donc commencé par me présenter et par expliquer dans quelles conditions j’avais publié ce premier roman. J’en ai profité pour leur parler de ce que j’appelle « la chaîne du livre », c’est-à-dire les différents métiers qui permettent à l’auteur de rencontrer ses lecteurs : direction littéraire, service commercial, marketing, impression, service de presse, représentants, libraires etc… ils ont écouté avec beaucoup d’attention et ont même posé des questions.

Puis, tel était l’objectif de ma visite, nous avons tenté d’écrire ensemble une histoire. Je leur en ai donné les bases :

 

Mathilde, une jeune femme veuve, âgée d’une petite quarantaine d’années, vient de s’installer, avec ses trois filles et son fils, dans une jolie maison du 14éme arrondissement de Paris qu’elle vient d’hériter de son oncle paternel. La joie est dans les cœurs, mais très vite, mère et enfants sont rattrapés par la réalité : les droits de succession à payer, les dettes laissées par l’oncle. Pour s’en sortir, Mathilde, ancien professeur de français reconvertie dans l’écriture, accepte de devenir le négre d’un auteur de best-sellers. Quant elle a terminé de payer ses créanciers à force de best-sellers écrits avec le concours de ses enfants, elle n’a plus un sou et se voit contrainte de vendre la maison. Désespérée, sur les conseils d’une amie, elle va consulter un vieux médium qui lui conseille de ne pas mettre en vente la maison « parce qu’elle l’habitera jusqu’à la fin de ses jours. »

Oui, mais comment ? Quelle astuce vont trouver Mathilde et ses enfants pour garder la maison ?

 

Et là, j’ai demandé aux élèves d’écrire la première phrase du roman. Une quinzaine de minutes plus tard, nous avons écouté les phrases. Et juste avec ces phrases, nous pouvions construire le début d’une histoire. Sauf que… la fin de la rencontre a sonné.

Alors, les voici ces phrases dont leurs auteurs sont Margot, Benjamin, Alice, Charlotte et les autres.

 

Le monstre était en lui

Le succès est déterminé par l’estime que l’on a de son travail

Il fallait y croire

Puis elle retourna en jeunesse

Laissez dire les sots, le savoir a son prix

Et ils vécurent heureux

En effet, il ne fallait pas renoncer

Son rêve lui ouvrait les yeux sur la vérité

Quand on veut, on peut

Une vie ensoleillée ressemble à une vie où les obstacles sont surpassés et les souhaits exaucés

La plus grande peur qui doit être vaincue est celle du rejet

Grâce à cet obstacle surpassé, elle était heureuse et épanouie

La route vers son destin ne peut être construite que par soi-même

Un nouveau départ lui semblait maintenant possible

Il découvrit sa propre vie

Je ferai tout pour voler de mes propres ailes

Et par ce simple geste, tout se dessine

Et l’enfant murmura : je suis différent, telle est ma force

Le moment d’euphorie fut éphémère, j’étais de retour

L’amour de nos cœurs touchait les frontières de l’idéal

Il ne fallait pas que ses envies restent des désirs, mais qu’elles deviennent des convictions

Rien n’est inaccessible

Ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on ne peut pas vivre heureux

Son savoir-être guida sa plume et elle écrivit sa première ligne.

  

Et nous nous sommes donnés rendez-vous pour une prochaine rencontre.

 

En attendant, suivons ces jeunes qui deviennent amoureux de la littérature grâce à leur professeur, une vraie militante des mots et des lettres, sur le site : tempoream !